Concilier travail et famille : des actes, pas des mots

Pénurie de places en crèche, stress quotidien, charge immense pour les parents seuls ou les aidants proches, défis supplémentaires face au handicap, accompagnement d’un aîné… Les familles font face à une pression constante. Face à ces réalités, Les Engagés agissent à tous les niveaux : améliorer concrètement le quotidien des familles, renforcer la solidarité et garantir un accompagnement digne pour chacun.  

Le soin est pourtant trop souvent perçu comme une question privée, temporaire, voire un coût économique. Or le soin est le socle de la vie sociale : il doit être visibilisé, reconnu à sa juste valeur en ce qu’il contribue à la solidarité, au bien-être et souvent à l’épanouissement mutuel. Soutenir les familles, sous toutes leurs formes, c’est investir dans une société plus juste, plus solidaire et tournée vers l’avenir. 

Soutenir toutes les familles 

Les familles d’aujourd’hui sont diverses : couples avec ou sans enfant, familles monoparentales, recomposées, adoptives, d’accueil ou intergénérationnelles. Cette richesse exige des politiques adaptées, garantissant l’égalité de traitement et répondant aux besoins de chacun. 

Depuis les années 1970, la conciliation entre emploi et vie familiale est devenue un enjeu majeur avec l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail. Prendre soin d’un enfant ou d’un proche dépendant n’est pas un choix, mais une nécessité sociale. 

Le « prendre soin », de l’enfance au grand âge, constitue un pilier invisible du bien commun. Il doit être reconnu, soutenu collectivement et devenir un véritable choix politique pour construire une société plus juste et solidaire. 

Un déséquilibre persistant 

En 2018, selon une étude de Statbel, un parent sur trois peinait à concilier travail et vie privée : horaires imprévisibles, déplacements importants, charge de travail épuisante, etc. S’il n’y a actuellement pas de chiffres plus récents sur cette conciliation, on peut voir que la tendance s’accentue via les données de 2024 liées aux temps partiels : 53,6% des couples hétérosexuels (les données sont insuffisantes pour les couples homosexuels) avec enfants comptent au moins un parent à temps partiel. 

Le temps partiel masculin a largement progressé en 40 ans  de 1,9% en 1983 à 12,8% en 2024 – mais il reste minoritaire. Alors que l’on tend légèrement vers un rééquilibrage du côté du congé parental  la part des femmes est passée de 72,1% en 2019 à 67,7% en 2024, celle des hommes de 27,9% à 32,3%  les inégalités demeurent. En effet, à l’arrivée d’un enfant, ce sont majoritairement les femmes qui réduisent leur activité : le temps partiel féminin passe de 17% sans enfant à 27% avec un premier, puis à plus de 30% avec un deuxième. À partir de trois enfants, l’arrêt total d’activité bondit de 9,4% à 27,3%.  

Ces écarts s’aggravent en cas de handicap ou de besoins spécifiques. On estime que 10% à 12% de la population belge est en situation d’aidant proche, et 85% des aidants informels sont des femmes. 

Ces réalités pèsent durablement sur les parcours professionnels féminins, leurs revenus et donc leurs pensions. Faciliter la conciliation emploi-famille n’est donc pas seulement une nécessité pour une société qui « prend soin », c’est aussi un levier essentiel pour réduire les inégalités des femmes et des hommes et lutter contre la précarisation de celles-ci. 

Petite enfance : préserver l’existant, créer l’avenir 

La situation est critique : durant la législature précédente, près de 1.700 places d’accueil ont disparu en Belgique francophone, alors que la pénurie était déjà une réalité bien présente. L’explosion des coûts de construction a ralenti les projets, tandis que les milieux d’accueil ont vu leurs frais de fonctionnement devenir insoutenables. 

Face à cette urgence, sous l’impulsion de notre ministre de l’Enfance Valérie Lescrenier, Les Engagés ont déployé une stratégie ambitieuse : éviter les fermetures et créer 5.000 nouvelles places, tout en préservant la qualité de l’accueil. Des subsides exceptionnels ont été débloqués pour soutenir les structures existantes et financer de nouvelles infrastructures, et des mécanismes d’emploi subventionnés, notamment les contrats APE, ont été maintenus pour garantir la stabilité du personnel. 

Une cellule d’accompagnement économique va également voir le jour à l’ONE pour soutenir les milieux d’accueil fragilisés et accompagner les porteurs de projets, afin d’assurer la viabilité financière durable de tous les types d’accueil. 

Sur le terrain, de nombreux échevins Engagés lancent aussi des projets communaux de création de places, parfois sur fonds propres. Une dynamique locale qui complète l’action régionale et communautaire. 

Parents sous pression : retrouver du temps 

Stress permanent, course contre la montre, horaires impossibles à concilier, enfants malades sans solution de garde, charge mentale écrasante : trois quarts des parents estiment que cette pression affecte directement leur vie familiale. Les Engagés ont fait de la conciliation vie professionnelle-vie familiale une priorité concrète. 

Au niveau fédéral, une réforme des congés familiaux est en préparation avec la création d’un crédit familial incluant notamment un congé grand-parental. Grâce aux Engagés, notamment, une semaine supplémentaire de congé de naissance a été obtenue, librement transférable entre parents. Le gouvernement a aussi approuvé, dans le cadre du plan PME, l’allongement du congé de maternité et l’instauration d’un congé parental pour les indépendantes. La modernisation du marché du travail vise également plus de flexibilité choisie, avec par exemple les horaires « accordéon », permettant d’adapter son temps de travail aux réalités familiales. 

En Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Lescrenier pilote une réforme de l’Accueil Temps Libre : accueil extrascolaire, centres de vacances, écoles de devoirs. Cette réforme s’inscrit dans la refonte des rythmes scolaires pour mieux servir enfants et familles. 

Sur le terrain communal, les élus Engagés multiplient les initiatives : adaptation des horaires des services publics, soupe gratuite dans les écoles, gratuité de la surveillance de midi, congé de conciliation pour le personnel communal afin de faire face aux urgences et impératifs familiaux. 

Parents seuls : justice sociale et sécurité 

Un quart des ménages avec enfants sont monoparentaux, et dans plus de 80% ce sont des “mamans solos”. L’absence de coresponsabilité parentale accentue les risques de précarité, de décrochage professionnel et de pauvreté, faute de recevoir la pension alimentaire due par l’ancien conjoint. 

Les Engagés, par l’action de notre député fédéral Xavier Dubois, ont porté une proposition de loi visant à automatiser le versement des pensions alimentaires via le SECAL (service des créances alimentaires), pour garantir un paiement rapide et sécurisé, en simplifiant les démarches. 

En Wallonie, une stratégie globale 2025-2029 pour les familles monoparentales est en cours d’élaboration, une première. Elle vise notamment la création d’un véritable statut du “parent solo” pour mieux adapter les aides existantes. Les allocations familiales ont également été rehaussées pour un plus grand nombre de familles monoparentales, relevant le plafond de revenus donnant droit au supplément majoré de 30.000 à 54.867 euros brut par an pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2020. Ce faisant, plus de familles monoparentales toucheront les 24,87 euros mensuels. 

D’autres mesures suivent, prises par le gouvernement wallon et nos mandataires locaux Engagés, comme la réduction de 250 euros de la taxe de mise en circulation depuis 2026 initiée par notre ministre wallon François Desquesnes. 

Handicap : reconnaître la « triple journée » 

Pour les familles ayant un enfant qui présente un handicap ou des besoins spécifiques, la conciliation devient souvent un combat permanent. En plus du travail et de la vie domestique s’ajoute une charge de soins et de coordination quasi équivalente à un emploi à temps plein. Le manque structurel de places d’accueil et d’hébergement pousse parfois les parents à arrêter leur activité professionnelle. 

Sous l’impulsion d’Yves Coppieters, le gouvernement wallon a lancé une étude approfondie des besoins réels afin de résorber les pénuries de places et mieux répartir l’offre sur le territoire. Un nouveau plan ERICh (Ensemble Rénovons les Institutions pour les Citoyens handicapés) permettra de réhabiliter les structures existantes, avec une attention particulière portée à l’autisme. Au-delà, une collaboration inédite entre la Santé, le Handicap, l’Aide à la jeunesse, le SPF Santé publique et l’AVIQ vise à mieux accompagner les enfants présentant à la fois handicap et troubles psychiques, pour éviter les parcours fragmentés et les ruptures familiales. 

Une autre marge de manœuvre pour aider ces familles est le soutien aux aidants proches. Qu’ils soutiennent un enfant, un parent malade ou une personne âgée, ceux-ci représentent entre 10 et 12% de la population belge, majoritairement des femmes. À tous les niveaux de pouvoir, Les Engagés agissent pour que la vie des aidants proches s’améliore.  

Au niveau fédéral, nous avons obtenu un budget spécifique dans un plan de cohésion sociale pour faciliter les congés et améliorer l’accompagnement santé des aidants. Nos députées fédérales Anne Pirson, Isabelle Hansez et Aurore Tourneur ont aussi déposé une proposition à la Chambre visant à les accompagner structurellement, à assurer une prise en compte transversale de leur réalité complexe et la création d’un plan interfédéral.  

Dans le même registre, au niveau wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, notre ministre Yves Coppieters pilote une stratégie visant à diversifier et renforcer les dispositifs s’adressant aux aidants proches, concertée autour de six axes : reconnaissance, information, soutien, prévention, santé et bien-être, emploi et enjeux éducatifs. Finalement, l’équipe bruxelloise est également sur le pont. 

Autonomie des aînés : bâtir un nouveau pilier 

Le vieillissement de la population rend la question de la perte d’autonomie centrale. Au-delà des engagements mentionnés ci-dessus pour soutenir les aidants proches, Les Engagés défendent, depuis longtemps, l’idée d’une assurance autonomie qui doit permettre aux personnes en perte d’autonomie un maintien à domicile dans de bonnes conditions le plus longtemps possible, avec l’aide nécessaire. 

Une première étape décisive a été franchie sous l’impulsion d’Yves Coppieters avec la mise en place de la future Garantie Autonomie, nouveau pilier de la protection sociale wallonne. Un groupe d’experts travaille actuellement sur son modèle et son cadre juridique. 

Une ligne politique claire 

Partout, Les Engagés transforment les constats en actions : plus de places d’accueil, un soutien pour pérenniser celles existantes, plus de temps pour les familles, plus de soutien pour les situations fragiles, plus de justice pour les parents seuls, plus de reconnaissance pour les aidants proches. Notre engagement est simple : faire de la conciliation des vies, de la solidarité et de la dignité des familles une priorité politique durable, pas un slogan.