Agir sur l’IA plutôt que la subir : la Belgique se dote d’une stratégie 2.0

42 % des Belges utilisent déjà l’IA générative, 34,5 % des entreprises belges y ont recours. La Belgique figure parmi les pays européens qui adoptent le plus rapidement ces technologies. Mais disposer des bons outils ne suffit pas : encore faut-il en garder la maîtrise. C’est l’ambition de la nouvelle stratégie IA portée par notre ministre du Numérique, Vanessa Matz, accompagnée de l’inauguration de l’AI Antenna belge, BE-AIFA.

En moins de quatre ans, l’IA a changé de dimension. Depuis le premier Plan national de convergence adopté en 2022, la Belgique a développé des initiatives dans la recherche, l’innovation, les services publics et les infrastructures, tout en renforçant ses compétences et son accès aux capacités européennes. Les contextes techniques et géopolitiques ayant profondément évolué, la nouvelle stratégie vise désormais à mieux articuler ces acquis, à concentrer les moyens sur les priorités et à accélérer le passage de l’expérimentation au déploiement.

Cette stratégie a été élaborée à partir d’une large consultation avec les fédérations professionnelles, sectorielles et le monde associatif, comme UNIA et le Centre pour l’Égalité des Chances. Elle sera également soumise au dialogue avec les entités fédérées afin de poursuivre la concertation et de définir les modalités de sa mise en œuvre.

Notre ministre de l’Action et de la Modernisation publiques en charge du Numérique, Vanessa Matz, l’affirme : « L’IA est devenue un déterminant de notre compétitivité, de notre souveraineté et de la qualité de nos services publics. Nous ne pouvons pas simplement la subir ou la considérer comme un sujet technique. Nous devons être capables de l’orienter et d’en garder la maîtrise. C’est tout l’enjeu de cette nouvelle stratégie. »

La stratégie repose sur cinq ambitions

  • Agir sur l’IA au lieu de réagir à l’IA, en renforçant la gouvernance et la coordination interfédérale, notamment grâce à une réforme du Comité stratégique en matière d’IA pour y associer les entités fédérées et assurer le suivi des projets prioritaires.
  • Transformer nos atouts en prospérité, en concentrant les efforts sur les secteurs où la Belgique dispose de forces particulières, notamment grâce à des environnements de tests encadrés (sandboxes) permettant aux entreprises d’expérimenter leurs solutions et préparer leur déploiement.
  • Maîtriser les capacités stratégiques de l’IA, en facilitant l’accès aux données nécessaires aux projets prioritaires et en développant une grille de souveraineté pour les achats publics de cloud et d’IA.
  • Soutenir les services publics et la relation aux usagers, en renforçant les compétences IA des agents publics et en traduisant la Charte pour une utilisation responsable de l’IA en outils pratiques pour les administrations, tout en garantissant un contrôle humain.
  • Renforcer l’autonomie humaine par une IA de confiance, en proposant une protection contre les imitations numériques sans consentement et en portant au niveau européen l’extension aux systèmes d’IA de certaines protections des mineurs prévues par le DSA.

Cette stratégie s’inscrit dans une approche interfédérale et européenne. Elle ne crée pas de nouvelles structures : elle vise à mieux articuler les initiatives existantes, à clarifier les responsabilités et à concentrer les moyens sur les priorités.

Inauguration de l’AI Antenna belge

Inaugurée en présence de notre ministre Vanessa Matz, l’AI Antenna belge, BE-AIFA, constitue l’un des leviers de mise en œuvre de la stratégie. Elle permet à la Belgique d’intégrer pleinement le réseau européen de l’intelligence artificielle et donne aux entreprises, aux chercheurs et aux services publics un accès à des capacités de calcul intensif mutualisées, à une expertise de pointe et à des projets européens majeurs. Liée aux deux plus grosses AI Factories d’Europe – JUPITER en Allemagne et LUMI en Finlande -, elle doit notamment faciliter le développement et le déploiement de solutions d’IA dans des secteurs stratégiques comme la santé, les biotechnologies, l’industrie et la transformation numérique des services publics. La Belgique devient également partenaire de LUMI et participe ainsi directement au développement de ses capacités européennes de calcul, inscrivant pleinement son action dans la collaboration européenne.