La Chambre a adopté ce jeudi un texte prévoyant des améliorations concrètes pour les aidants proches. Pour Les Engagés, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de mobilisation. Cette proposition de loi apporte enfin une solution temporaire aux aidants proches en situation de chômage. Elle renforce aussi le dispositif existant pour les personnes qui combinent travail et aide à un proche. Nous tenons à être clairs : à long terme, nous maintenons le fait que le chômage n’est pas une solution pour les aidants proches. C’est pourquoi nous continuons à nous battre pour obtenir un vrai statut.
Le texte adopté ce jeudi a un objectif clair : simplifier le quotidien des aidants proches et mieux reconnaître leur engagement, notamment lorsqu’il s’agit de concilier soins et activité professionnelle.
« Le vote de ce jeudi est un vrai soulagement. Pour Les Engagés, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de mobilisation intense pour avancer sur ce dossier. On l’avait fait inscrire dans l’accord de gouvernement : les aidants proches jouent un rôle très important. Il faut mieux les soutenir et renforcer leur statut et leurs droits. Chaque jour, ils soutiennent un parent, un ami, un voisin ou un membre de leur famille en situation de maladie ou de fragilité. Souvent sans cadre institutionnel et dans l’ombre, leur engagement permet à de nombreuses personnes de continuer à vivre dans de meilleures conditions. Grâce à eux, notre société fonctionne mieux », déclare Aurore Tourneur, cheffe de groupe Les Engagés au Parlement fédéral.
Un soutien renforcé pour les aidants proches au chômage
Le texte apporte des améliorations pour les aidants proches qui perçoivent des allocations de chômage ou d’insertion et qui ne sont pas disponibles sur le marché du travail.
Leur indemnité forfaitaire sera doublée, pour atteindre environ 750 euros par mois, contre 300 à 400 euros auparavant.
« Pour les aidants proches qui touchent le chômage, on a réussi à obtenir une revalorisation des allocations. Leur indemnité sera doublée. C’est une première victoire compte tenu de l’urgence. Parce qu’on sait à quel point aider un parent, un enfant ou un conjoint dépendant représente un engagement lourd, humainement et financièrement. A long terme, le chômage n’est pas une solution pour les aidants proches. C’est pourquoi nous continuons à nous battre pour obtenir un vrai statut », se réjouit Anne Pirson, députée Les Engagés au Parlement fédéral.
Par ailleurs, une mesure transitoire spécifique est prévue pour les personnes dont le droit aux allocations a pris fin en janvier ou prendra fin en mars :
Si elles obtiennent la reconnaissance d’aidant proche par leur mutualité, elles pourront se réinscrire auprès de l’ONEM jusqu’au 31 mars 2026.
Elles bénéficieront alors d’allocations en tant que chômeur dispensé de recherche d’emploi.
La reconnaissance pourra être accordée rétroactivement à partir de la date initiale de fin de droit, pour une durée maximale de 12 mois.
Un accès plus simple et plus flexible au congé
Pour les aidants proches exerçant un emploi rémunéré, deux améliorations majeures sont introduites :
- Une reconnaissance accordée pour une période plus longue, ce qui réduit considérablement la charge administrative.
- Un congé plus flexible, qui pourra désormais être fractionné en semaines plutôt qu’en périodes fixes plus longues.
« Ces mesures facilitent concrètement la combinaison entre travail et accompagnement d’un proche. Avec l’accord de l’employeur, il sera désormais possible de prendre son congé par périodes plus courtes : par semaine et plus par mois. Cela permet de mieux répondre aux situations imprévues ou aux périodes critiques », explique Isabelle Hansez, députée Les Engagés au Parlement fédéral.
Un équilibre entre amélioration et responsabilité
Cette réforme permet d’éviter que des aidants proches soient exclus du chômage alors qu’ils assument une responsabilité sociétale essentielle. Elle améliore également le dispositif de dispense de disponibilité pour ceux qui en bénéficient déjà.
Les Engagés sont conscients que cette solution transitoire suscite des débats. Certains points d’attention subsistent, notamment concernant la durée limitée de la mesure et certaines situations particulières. Ces éléments feront l’objet d’une analyse approfondie.
Et maintenant ?
Les Engagés continuent le combat pour obtenir des solutions plus structurelles et à long terme. Une concertation avec le cabinet Clarinval est prévue afin de parvenir à un scénario commun avant le conclave de fin mars.
Le soutien aux aidants proches reste une priorité. Leur engagement mérite reconnaissance, respect et un cadre adapté à la réalité qu’ils vivent au quotidien.