Réforme des pensions : les femmes n’ont pas à « s’adapter » aux inégalités

« Dire que les femmes devront simplement « s’adapter » au nouveau système de pensions revient à ignorer les nombreux obstacles auxquels elles font face au quotidien ». L’organisation du travail doit mieux tenir compte des réalités de la vie de famille (enfants, proches dépendants, etc). Les Engagés travaillent en ce sens.

Les députées fédérales du groupe Les Engagés Aurore Tourneur, Isabelle Hansez, Anne Pirson et Carmen Ramlot regrettent les propos tenus par le ministre des Pensions, Jan Jambon, pour qui les femmes « devront s’adapter au nouveau système ». Une telle réaction, de surcroît au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, ne peut rester sans réaction. Elles ne remettent pas en question la réforme en tant que tel.

Contrairement à ce qui est suggéré, les femmes ne travaillent pas moins que les hommes. Très clairement, l’égalité femmes-hommes au sein de la sphère privée n’est toujours pas respectée aujourd’hui. Ce déséquilibre induit parfois une différence aussi bien quant à la disponibilité pour le marché du travail qu’à la charge mentale sur la gestion familiale, toujours plus élevée pour les femmes.

« Dire que les femmes devront simplement « s’adapter » revient à ignorer les nombreux obstacles auxquels elles font face au quotidien. Beaucoup de choses restent à faire pour parvenir à une véritable égalité professionnelle et pour garantir que les parcours de vie, marqués par les responsabilités familiales, ne pénalisent pas durablement les femmes », déclare Aurore Tourneur, cheffe de groupe Les Engagés à la Chambre.

Le constat est sans appel : le nombre de temps partiels chez les femmes demeure toujours environ 4 fois plus élevé que chez les hommes. Dans de nombreux ménages où les deux partenaires exercent une activité professionnelle, les femmes consacrent encore en moyenne deux fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et de soins. Cette réalité conduit parfois beaucoup d’entre elles à réduire leur temps de travail, pas toujours par choix de confort, mais aussi parce que les structures d’accueil, les services de soins ou, de façon plus large, le marché du travail lui-même (en ce compris l’organisation du travail) reste encore parfois inadapté à épouser cette réalité.

La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale n’est pas une étape passagère : c’est une condition structurelle qui continue d’alimenter les inégalités de carrière et, in fine, les inégalités en matière de pensions qui incarnent le miroir d’une carrière.

« L’organisation du travail doit évoluer pour mieux tenir compte des réalités de la vie familiale. Plus de flexibilité, une meilleure accessibilité des services de garde et une culture professionnelle qui valorise l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle sont des leviers essentiels pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes », souligne la députée fédérale Isabelle Hansez.

Les Engagées fédérales ont d’ailleurs déposé plusieurs textes en ce sens à la Chambre pour le marché du travail. Nous saluons à cet égard également la volonté de la ministre Vanessa Matz de lancer une nouvelle politique d’égalité professionnelle au sein de l’administration fédérale, visant dans un premier temps au minimum 40 % de femmes parmi les hauts fonctionnaires, et 50% dans un second temps. Une initiative qui constitue un signal positif et une étape importante vers davantage d’équilibre et de représentation.

« Les femmes ne doivent pas être obligées de s’adapter à des inégalités persistantes : c’est aux mentalités à évoluer et à nos politiques publiques d’être à la hauteur en s’adaptant à la réalité de leurs vies », conclut Aurore Tourneur.