Les familles prennent aujourd’hui des formes multiples : couples avec ou sans enfants, familles monoparentales, recomposées, adoptives, d’accueil ou intergénérationnelles. Cette diversité, richesse pour la société, exige des politiques adaptées, garantissant l’égalité de traitement et répondant aux besoins de chacun. Prendre soin d’un enfant ou d’un proche dépendant n’est pas un choix, mais une nécessité sociale.
La conciliation entre emploi et vie familiale est un enjeu majeur depuis les années 1970, notamment avec l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, qui a transformé la répartition des responsabilités et posé la question de l’égalité femmes-hommes.
En 2018, une enquête de Statbel montrait qu’un parent sur trois avait des difficultés à concilier travail et vie privée. Près de 34 % des femmes et 32 % des hommes évoquaient des horaires longs ou imprévisibles, des déplacements importants et une charge de travail fatigante.
Nous ne disposons pas de données plus récentes sur cette conciliation, mais l’augmentation du temps partiel en montre l’ampleur. Aujourd’hui, 53,6 % des couples hétérosexuels avec enfants (les données manquent pour les couples du même sexe) comptent au moins un parent travaillant à temps partiel, souvent pour pouvoir assumer les tâches familiales. Le congé parental tend cependant vers un partage plus égalitaire : la part des femmes à le prendre est passée de 72,1 % en 2019 à 67,7 % en 2024, tandis que celle des hommes est montée de 27,9 % à 32,3 %. Malgré cette timide progression, les inégalités restent importantes.
Si l’on constate une évolution significative du temps partiel chez les hommes, passant de 1,9 % en 1983 à 12,8 % en 2024 à y avoir recours, cela reste encore très minoritaire par rapport aux femmes. À l’arrivée d’un enfant, ce sont en effet surtout les femmes qui freinent leur carrière : le temps partiel passe de 17 % sans enfant à 27 % avec un premier, et à plus de 30 % avec un deuxième. À partir de trois enfants, c’est même l’arrêt total d’activité professionnelle qui devient le plus fréquent passant de 9,4% à 27,3%. Ces écarts augmentent encore en cas de handicap chez un enfant ou de besoins spécifiques.
Plus largement, la conciliation concerne aussi l’aide aux proches dépendants : en Belgique, 85 % des aidants informels sont des femmes, selon Sciensano. Ce continuum des responsabilités familiales, de la maternité à la dépendance, montre que la conciliation emploi-famille n’est pas une étape transitoire de la vie active. Il s’agit d’une condition permanente qui impacte et structure les trajectoires professionnelles de nombreuses femmes et façonne durablement les inégalités de genre.