Réussir le renouvellement des générations
Notre conviction est claire : la transition agricole doit aller de pair avec un modèle économique soutenable, afin de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier tout en répondant aux défis environnementaux. C’est en agissant sur tous les leviers à chaque niveau de pouvoir (économique, politique, territorial, environnemental) que nous construirons l’agriculture de demain.
La première urgence est donc de garantir un revenu décent aux agriculteurs. Nous défendons une meilleure répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire afin que les producteurs retrouvent leur juste place dans la fixation des prix.
Sans revenu décent, il n’y a pas d’avenir pour nos exploitations. Car derrière la question de la rémunération se joue aussi celle de la transmission : comment donner envie à une nouvelle génération de s’engager dans un métier dont la viabilité économique n’est pas garantie ?
Alors que la pyramide des âges menace la viabilité du système agricole, nous faisons de la transmission des exploitations une priorité. Notre député wallon François Huberty a ainsi récemment proposé six axes de travail pour préparer le renouvellement des générations dans les fermes :
- créer un observatoire wallon de la transmission,
- organiser une période de transition progressive,
- développer une véritable culture de la transmission,
- mieux prendre en compte la dimension humaine et familiale,
- lever les freins à la transmission,
- sensibiliser les pouvoirs publics.
Une agriculture qui protège nos producteurs et notre autonomie alimentaire
Nous demandons des règles commerciales équitables au niveau européen afin de protéger nos agriculteurs et de garantir une concurrence loyale.
Nous refusons l’accord avec le Mercosur dans sa forme actuelle, qui fait peser des risques majeurs sur notre agriculture en ouvrant davantage notre marché à des produits ne respectant pas toujours les mêmes exigences sanitaires, environnementales et sociales que celles imposées à nos producteurs.
Comme l’a porté au Parlement européen notre président et député européen, Yvan Verougstraete, nous avons obtenu en début d’année la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne afin de vérifier la légalité de cet accord.
Nous resterons fermement opposés à tout traité commercial qui sacrifie nos agriculteurs sur l’autel du libre-échange et nous continuerons à défendre la réciprocité des normes et une concurrence réellement équitable.
Dans les prochains mois, nous serons également attentifs aux négociations de la future Politique Agricole Commune. Nous plaidons pour une PAC forte, dotée d’un budget ambitieux, capable de soutenir les agriculteurs actifs, les jeunes qui s’installent et le développement des territoires ruraux.
Une agriculture qui prépare l’avenir
Les agriculteurs sont déjà une partie essentielle de la solution face aux défis environnementaux, climatiques et alimentaires. Ils produisent notre alimentation, entretiennent nos paysages, protègent les sols, contribuent à la qualité de l’eau et au maintien de la biodiversité. Ces bénéfices collectifs doivent être davantage reconnus et mieux rémunérés.
Le défi n’est donc pas de ralentir la transition mais de lui permettre de changer d’échelle. Nous défendons une agriculture qui conjugue performance économique et performance environnementale grâce à l’innovation, à l’accompagnement technique et à la création de débouchés capables de valoriser les pratiques vertueuses.
Le Blue Deal agricole, porté notamment par notre ministre wallon de la Santé et de l’Environnement, Yves Coppieters, s’inscrit dans cette logique. Au-delà de la protection des zones de captages d’eau potable, il vise à reconnaître et rémunérer les services rendus par les agriculteurs à l’ensemble de la société :
- préservation de la qualité de l’eau,
- protection des sols,
- stockage du carbone,
- renforcement de la biodiversité,
- résilience face aux changements climatiques.
Le programme accompagne les changements de pratiques tout en développant les filières permettant de transformer ces bénéfices environnementaux en opportunités économiques concrètes pour les exploitations wallonnes.
Notre ministre wallon travaille également à une stratégie pour un système alimentaire sain et durable. Notre ambition n’est pas de créer une politique supplémentaire mais de mieux coordonner des actions déjà menées dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’environnement, de l’économie sociale ou encore de la lutte contre la précarité. Notre objectif est simple : faire en sorte qu’une même action produise simultanément des bénéfices environnementaux, sociaux, sanitaires et économiques.
Des territoires ruraux vivants
Soutenir l’agriculture, c’est aussi investir dans la vitalité de nos territoires ruraux ! Cet enjeu est abordé de manière transversale par nos ministres Jean-Luc Crucke, Elisabeth Degryse, François Desquesnes, Valérie Lescrenier et Vanessa Matz. Cela implique le maintien des services publics de proximité, l’accès aux soins, aux transports en commun, à la formation et aux infrastructures indispensables à la vie économique et sociale de nos campagnes.
À Libramont, nous poursuivrons tout au long de la Foire nos rencontres avec les agriculteurs, les organisations professionnelles et les acteurs du monde rural afin de nourrir notre action politique au plus près des réalités du terrain.