Les grandes surfaces et les géants de l’agroalimentaire ne peuvent plus se gaver sur le dos des agriculteurs ni des consommateurs

Les Engagés, via leur Président Maxime PREVOT, appellent les Ministres de l’Agriculture et de l’Economie du Fédéral et des Régions à convoquer en urgence les grandes surfaces, les géants de l’agroalimentaire et les syndicats agricoles pour dégager ensemble des solutions qui permettent de retrouver les marges nécessaires pour assurer aux agriculteurs une juste rémunération tout en préservant les consommateurs de toute augmentation des prix.

Depuis des années, le revenu de lagriculteur sert de variable dajustement dans la fixation du prix des produits. Les autres acteurs de la chaine alimentaire conservent leurs marges bénéficiaires et reportent sur les agriculteurs la totalité de leffort de compression des prix. Pour Les Engagés, il est temps de mettre fin à cette méthode qui met en péril la survie même des agriculteurs. Les Ministres de l’Agriculture et de l’Economie doivent prendre leurs responsabilités et mettre autour de la table ceux qui fixent les prix de toute la chaîne de production, de transformation et de distribution pour assurer enfin une juste rémunération pour ceux qui nous nourrissent tout en évitant des hausses de prix pour les consommateurs qui risqueraient alors de se détourner de cette production locale. Les Ministres doivent assurer cette répartition équitable du prix et des marges sur le modèle des lois françaises (EGALIM) qu’il faut compléter par des sanctions en cas de non-respect des accords par la grande distribution.

Afin de garantir ce juste prix, Les Engagés plaident également pour stopper l’importation qui crée une concurrence déloyale à l’égard de nos agriculteurs. Lagriculture européenne est soumise aux standards de production les plus élevés au monde mais dans le même temps, lUnion européenne ouvre son marché agricole à la concurrence de produits importés depuis lautre bout de la terre et produits avec des standards de production bien moins élevés. Le récent accord avec la Nouvelle-Zélande par exemple a été approuvé par le PS et aussi les Ecolos et soutenu par le MR. Nos Députés européens Les Engagés Benoît LUTGEN et Pascal ARIMONT ont été les seuls à voter contre. « Importer demain des produits concurrents à ceux produits sur notre territoire (10 millions kg de bœuf et 25 millions kg de fromage…) est une incohérence totale. Ils vont parcourir 20.000 km sur des cargos polluants pour venir concurrencer nos productions locales. C’est une claque pour les agriculteurs, une gifle aux consommateurs et une mandale pour le climat ! » 

La vie et le travail des agriculteurs doivent également être soulagés par une simplification de leur charge administrative et une plus grande cohérence entre les normes qui leur sont imposées. En Wallonie, nos agriculteurs ont été confrontés à une déferlante de nouvelles règles, souvent pensées sans tenir compte de la réalité de terrain. Ils ont dû assimiler deux versions différentes de la PAC en deux ans (2022 et 2023) et les documents étant rendus publics en fin dannée, il était bien trop tard pour effectuer leurs choix agronomiques. Avec les autres normes en vigueur, ils doivent connaître et appliquer plus de 2000 pages de règlement et pourtant aucune réunion avec les agriculteurs na été programmée alors que cest le rôle même du Ministère de lAgriculture. Pour François DESQUESNES, Chef de groupe au Parlement de Wallonie : « Les Ecolos et les Libéraux, à force de compromis boiteux, ont complexifié l’application de ces règles européennes en Wallonie. C’est encore créer des difficultés supplémentaires pour nos agriculteurs ! »

Pour Les Engagés, il est temps de mettre fin à cet agribashing. Il faut redonner à nos agricultrices et agriculteurs, la juste place quils méritent dans notre société et tracer, en commun, un avenir pour cette fonction nourricière essentielle pour notre équilibre, notre santé et notre souveraineté alimentaire. Concrètement, nous proposons d’agir sur 6 axes, les 6 priorités des Engagés qui se retrouvent d’ores-et-déjà au sein de notre programme électoral européen, fédéral et régional.

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Les agriculteurs souffrent dun déficit dimage auprès du grand public. On les accuse bien souvent à tort de ne pas respecter lenvironnement alors quils sont les premiers à être au contact de la nature et de ne pas se préoccuper de sa préservation, de sa restauration et de la protection de lenvironnement sans lesquels ils ne peuvent exercer leur métier. C’est oublier les efforts environnementaux qu’ils réalisent au quotidien dans un contexte économique difficile !

Nos propositions :

  • Conclure un nouveau Contrat social et alimentaire qui engagerait les consommateurs, les producteurs et les pouvoirs publics : l’agriculture ne peut se transformer sans le soutien des pouvoirs publics et ni celui des consommateurs ;
  • Renforcer linformation transparente, sincère et fiable du quotidien et des pratiques effectives actuelles dune exploitation agricole en Wallonie et mettre en évidence le haut niveau de qualité par rapport à dautres modèles agricoles.

Trop souvent le revenu de lagriculteur sert de variable dajustement dans la fixation du prix des produits, les autres acteurs de la chaine alimentaire conservent leurs marges bénéficiaires et reportent sur les agriculteurs la totalité de leffort de compression des prix.

Nos propositions :

  • Indexer les aides de la politique agricole commune ;
  • Opérer un glissement des aides PAC à lhectare vers des aides PAC à lunité de travail (UT) ;
  • Assurer une répartition équitable du prix et des marges des produits agricoles et alimentaires entre les différents maillons de la filière agroalimentaire (sur le modèle des lois françaises EGALIM qu’il faut compléter par des sanctions en cas de non-respect des accords par la grande distribution) ;
  • Renforcer le rôle de lObservatoire des prix ;
  • Soutenir la relocalisation et les outils de transformation des produits agricoles de proximité ;
  • Donner des débouchés locaux à nos productions, en valorisant celles-ci et en systématisant les clauses sociales, environnementales en ce compris de distances, dans les marchés publics : les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple dans les achats des cantines scolaires, de collectivités et de maison de repos.

Lagriculture européenne est soumise aux standards de production les plus élevés au monde mais dans le même temps lUnion européenne ouvre son marché agricole à la concurrence de produits importés de lautre bout du monde et produits avec des standards de production bien moins élevés !! Le récent accord avec la Nouvelle-Zélande illustre cette incohérence : des produits concurrents à ceux produits sur notre territoire vont parcourir 20.000 km sur des cargos polluants pour venir concurrencer nos productions locales…

Mais plus inquiétant encore, début de cette semaine, la Commission européenne a indiqué espérer conclure laccord de libre-échange avec le MERCOSUR en y incluant un volet agricole qui ouvrirait notre marché agricole à des produits importés dont on ne pourra jamais vraiment vérifier qu’ils respectent les normes européennes de commercialisation et de production !!

Par ailleurs, nos agriculteurs ont démontré leur sens des responsabilités en continuant à garantir lalimentation de la population même aux pires heures de la crise sanitaire du COVID.

Nos propositions :

  • Imposer systématiquement des clauses miroirs strictes aux frontières de lUnion européenne et les contrôles effectifs;
  • Refuser, en l’état, la ratification du traité de libre-échange avec le MERCOSUR ;
  • Renforcer les circuits alimentaires courts afin de rapprocher le producteur du consommateur en permettant de donner la priorité aux aliments produits dans un rayon de proximité pour les achats publics.

Le monde agricole est confronté à un important défi de renouvellement générationnel. Seul un exploitant de 50 ans et plus sur cinq déclare avoir un successeur. Un chef dexploitation a, en moyenne, 55 ans. Ces exploitants représentent plus de 68% des exploitations wallonnes et détiennent 53% de la Surface agricole utilisée (SAU).  Afin dassurer lavenir de lagriculture wallonne, il est impératif de soutenir les jeunes candidats à la reprise de ces exploitations.  Pour cela, il convient de prendre le temps de repenser la formation afin de mettre les enjeux du climat et de la biodiversité au cœur des apprentissages. Vu limportante augmentation du prix des terres agricoles, il faut mettre en place des outils de soutien financier pour permettre aux jeunes candidats à une reprise de disposer dune aide financière mais également dune expertise technique pour la reprise des exploitations.

Nos propositions :

  • Faciliter la reprise des exploitations en élargissant les services du « pôle transmission » de Wallonie Entreprendre aux exploitations agricoles ;
  • Activer la création de la banque foncière (pour faciliter l’accès au foncier agricole);
  • Créer un Fonds de soutien à lachat de terre (pour les nouveaux agriculteurs);
  • Soutenir également linstallation des « NIMA » en particulier dans le domaine du maraîchage et de la production en petites surfaces.

Nos agriculteurs sont soumis à une énorme surcharge administrative. Ce phénomène a encore empiré avec la nouvelle PAC et sa mise en œuvre à travers le Plan stratégique wallon. Il en résulte un découragement et un renforcement dun sentiment dabandon. Ce dernier est aggravé par les nombreux contrôles tatillons réalisés par les différentes autorités compétentes (européennes, fédérale ou régionales).

Nos propositions :

  • Développer une politique basée sur les principes de simplification administrative, de confiance, du respect du travail et du savoir-faire ;
  • Intégrer pour les agents chargés des questions agricoles entrant dans la fonction publique (SPW Agriculture et Environnement, AFSCA,…) des stages immersifs dans les exploitations agricoles afin de mieux appréhender la réalité professionnelle du secteur ;
  • Réunir la Commission européenne, lAFSCA et les services régionaux pour adapter le cadre réglementaire et les contrôles des exploitations agricoles, notamment pour assouplir les calendriers agricoles européens (pour mieux tenir compte des aléas climatiques).

Les agriculteurs sont les premières victimes de conditions d’un travail difficile, qui nécessite lusage de produits phytosanitaires dangereux dans un contexte socio-économique difficile qui détériore leur qualité de vie.  Nous devons améliorer celle-ci en adoptant une série de mesures de soutien.

Nos propositions :

  • Améliorer la qualité de vie et le bien-être des agriculteurs et de leur famille en amplifiant le soutien aux services de remplacements, en consolidant le soutien à Agricall et en offrant un cadre de vie et socioculturel satisfaisant ;
  • Réduire lusage des produits phytonocifs pour la santé et lenvironnement en assurant un contrôle effectif et chercher à en bannir progressivement lusage en mobilisant les moyens : recherche agronomique, assurer le financement intégral de la perte de rendement, accords de filière…
  • Renforcer la reconnaissance du rôle des conjoints aidants.